La croyance concerne les choses que l'on imagine, pas celles dont on est conscient.
Il y a la croyance, synonyme de supposition ou d'hypothèse, que l'on est tout disposé à vérifier; et il y a la croyance autour de laquelle on s'est construit parce que l'on sait que l'on ne
pourra jamais la vérifier.
La croyance religieuse n'est rien d'autre que de l'émotion, de l'affect associés à des signifiants ou des formules.
Pour croire vraiment, il faut méconnaître le fait que la croyance est un pur produit du conditionnement, car plus on prend de distance par rapport à celui-ci et moins on croit.
Adhérer à une parole ou une pensée qui parle de soi, c'est s'identifier au "soi" défini par la parole ou la pensée, c'est devenir un objet, l'objet de l'auteur supposé de la parole ou de la
pensée.
La croyance est rarement solitaire. Nous abandonnerions beaucoup de nos croyances si elles n'étaient pas partagées.
Une idéologie, une pensée a du succès, réussit, non parce que beaucoup partagent ses thèses, mais parce que beaucoup se mettent à croire que beaucoup y croient
. Le talent d'un dictateur consiste justement à susciter cette croyance en une foi commune.
L'existence de quelque chose d'autre que soi ne va jamais de soi. Elle sera toujours une pure croyance.
Pour croire, il faut être persuadé que plusieurs autres personnes ont une perception directe, au moins partielle, de ce en quoi nous croyons.
Penser à une chose, c'est penser du même coup l'existence de cette chose, c'est croire en son existence. Cette croyance autorise même différentes façons de penser à
cette chose.
par Jean Louis
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