Tout repose sur la parole, et la parole ne repose sur rien hormis sur la foi en celui qui l'a prononcée.
Que resterait-il comme envie de parler si on n'avait plus aucun désir ou aucun espoir de se faire reconnaître à travers ce qu'on dit.
Si nous ne nous faisions pas une idée de ce qu'il est censé se passer en nous pour l'autre quand il s'adresse à nous, nous ne croirions pas que c'est effectivement
à nous qu'il s'adresse.
Si je me fais une idée de l'autre, il est l'auteur de ses paroles ; si je n'ai aucune idée de l'autre, ses paroles ne sont que des mots inconséquents,
maladroitement assemblés, voltigeant dans l'air.
Comment pouvez-vous croire que vous êtes celui à qui on s'adresse quand vous ne savez pas réellement qui est celui qui vous parle ?
Le monde de la parole est un monde étranger et imprévisible.
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