Quand on nous annoncera notre mort prochaine, ce sera maintenant. Le moment du trépas, ce sera maintenant. Notre vie, c'est toujours maintenant. Nous ne pouvons pas vivre maintenant le temps qui nous reste à vivre.
Vivre, c'est se projeter dans le futur. La mort, c'est la fin du futur. Mais on ne sait pas ce que devient le présent.
Comme il est difficile d'abandonner, de laisser mourir celui qui, en nous, semble avoir été aimé et reconnu par les parents et les éducateurs.
Serions-nous capables de mourir dans l'instant sans aucun regret d'être ce que nous sommes ? Si nous avons toujours à l'esprit de devenir quelque chose, la réponse est non.
Tuer le Père, le prestige de la Parole incarnée n'est pas si difficile ; tuer la Mère, c'est à dire tout ce qu'il y a d'émotivité, de sentiment, d'attachement au corps et aux sensations, aux
plaisirs sensuels, l'est beaucoup plus.
C'est particulièrement déloyal de faire parler les morts. On peut leur faire dire n'importe quoi tout en étant assuré qu'ils ne seront pas remis en cause, ne pouvant plus se défendre.
Comment pourrions-nous regretter de quitter ce monde où les enfants sont manipulés, abusés, violentés, où les hommes sont exploités, opprimés, humiliés, massacrés, tout cela au nom de
Dieu, d'un parti ou d'une idée.
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